Un écosystème rare dans le massif vosgien
Le lac de Lispach, situé à 910 mètres d’altitude, se trouve au cœur de la petite vallée glaciaire du Chajoux, dans la commune de La Bresse.
Si ses paysages sont souvent mis en avant, le lac de Lispach est aussi reconnu pour sa biodiversité. Il fait notamment partie du réseau européen Natura 2000 pour ses milieux naturels qui portent les traces profondes des anciens glaciers. Il y a 10 000 ans, leur disparition a laissé place à une cuvette remplie d'eau où se sont formées des tourbières entourées de forêts naturelles d'épicéas.
L'intérêt écologique de Lispach a d’ailleurs motivé, depuis près d’un siècle, de nombreuses études et inventaires de sa flore, de ses insectes et de son plancton.
Des milieux naturels bien conservés
Le zooplancton est un maillon essentiel des écosystèmes aquatiques. Il nourrit les poissons et participe activement au cycle des nutriments : en mangeant du phytoplancton (des micro-algues), il libère, en se décomposant, des éléments nutritifs indispensables à la vie du lac. En 1932, M. Hubault, inspecteur des Eaux et Forêts de Nancy, explorait pour la 1ère fois les communautés du Lac de Lispach. Près d’un siècle plus tard, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges a confié à Annaëlle Bernard, experte indépendante, la mission de dresser un nouvel état des lieux des espèces présentes.
L’objectif ? Identifier d’éventuelles évolutions et comparer ce lac avec d’autres tourbières récemment étudiées. Entre mai et septembre 2024, des prélèvements ont été réalisés environ tous les 20 jours. Les résultats montrent que la majorité des espèces de zooplancton répertoriées par M. Hubault en 1932 est toujours là ! Le lac abrite un cortège riche d’espèces adaptées aux tourbières et aux eaux froides. De plus, le plan d’eau historique et son bras périphérique présentent toutes les caractéristiques d’un lac de tourbière en bonne santé : une eau brune, acide et pauvre en minéraux.
Le saviez-vous ?
Le zooplancton désigne l'ensemble des organismes vivants microscopiques ou de petite taille qui flottent ou dérivent dans les eaux, généralement en suspension. Ce terme inclut une grande variété d'organismes, principalement des animaux, qui dépendent des courants marins ou d'eau douce pour se déplacer, car ils ne peuvent pas nager activement. Ce sont notamment des protozoaires (amibes etc.), des crustacés, ou encore des larves de divers animaux.

Natura 2000 : mieux connaître pour mieux protéger
Cette étude a été menée dans le cadre de Natura 2000, politique européenne pour la préservation de la biodiversité.
Portée depuis 30 ans dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, Natura 2000 repose sur une connaissance des habitats et des espèces. Les études, inventaires et suivis scientifiques en sont un socle indispensable : ils permettent de comprendre l'état de santé des écosystèmes, d'identifier les enjeux prioritaires et d'adapter les actions de préservation.
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